En tant qu’ingénieur en énergies renouvelables, nous avons toujours cherché à optimiser notre impact environnemental à la maison. Le compostage fait partie intégrante de notre quotidien depuis que nous avons aménagé dans notre maison en périphérie de Lyon. Après avoir expérimenté différentes méthodes pour fertiliser naturellement notre potager, nous nous sommes intéressés au bokashi. Cette méthode japonaise semblait prometteuse, mais nous avons rapidement découvert qu’elle présente certains inconvénients qu’il convient d’analyser avant de se lancer.
Éléments essentiels
| Points clés | Détails pratiques |
|---|---|
| Coût élevé du système bokashi | Investissement initial de 50 à 100€ par seau, plus achat régulier d’activateurs |
| Contraintes quotidiennes d’utilisation | Découper finement les déchets, tasser le contenu et ajouter l’activateur à chaque utilisation |
| Gestion complexe du digestat | Produit final acide et non utilisable directement, nécessitant 2-4 semaines supplémentaires de maturation |
| Problèmes d’odeurs persistants | Dégagement d’une odeur aigre et fermentée lors de l’ouverture du seau |
| Interruption du processus | Impossible d’ajouter des déchets pendant 2 à 4 semaines de fermentation finale |
| Alternatives plus efficaces | Compostage traditionnel et lombricompostage offrant un meilleur rapport simplicité/efficacité |
Les contraintes pratiques du compostage bokashi
Le bokashi, bien que présenté comme une solution révolutionnaire, comporte plusieurs contraintes pratiques qui peuvent compliquer son utilisation quotidienne. Tout d’abord, l’investissement initial est relativement élevé, entre 50 et 100€ pour un seau bokashi standard, sans compter l’achat régulier d’activateur bokashi (environ 10€ le kilogramme). Pour maintenir un processus continu, il devient souvent nécessaire d’acquérir un second seau, doublant ainsi l’investissement de départ.
L’utilisation du bokashi exige également une rigueur et une organisation quotidiennes que nous avons parfois du mal à maintenir avec nos emplois du temps chargés. Les déchets doivent être découpés en petits morceaux pour faciliter la fermentation, puis soigneusement tassés et recouverts d’activateur après chaque ajout. Le seau doit rester hermétiquement fermé pour garantir les conditions anaérobies nécessaires au processus.
L’un des aspects les plus contraignants concerne la gestion du liquide de fermentation. Celui-ci doit être drainé tous les 3 à 5 jours, ce qui représente une tâche supplémentaire à ne pas oublier. De surcroît, ce jus doit être fortement dilué avant utilisation (10ml pour 1-2L d’eau) sous peine d’endommager les plantes. Certains utilisateurs, malgré une pratique rigoureuse, ne parviennent pas à obtenir de jus dans leur système, ce qui peut être source de frustration.
Voici les principales contraintes pratiques que nous avons identifiées :
- Nécessité de découper finement tous les déchets
- Obligation de vider régulièrement le liquide de fermentation
- Besoin de tasser et d’ajouter l’activateur à chaque utilisation
- Surveillance constante du processus pour éviter l’échec de la fermentation
- Impossibilité d’ajouter des déchets pendant la phase finale de fermentation
Le problème de la gestion du digestat et des odeurs
Dans notre maison avec jardin, nous avons la chance de disposer d’espace pour utiliser le digestat, mais la gestion du produit final reste problématique. Une fois le seau plein, il faut attendre 2 à 4 semaines de fermentation avant de pouvoir l’utiliser, période pendant laquelle il devient impossible d’ajouter de nouveaux déchets. Cette interruption du cycle nous a contraints à investir dans un second composteur pour maintenir un processus continu.
Contrairement au compostage traditionnel que nous pratiquions auparavant, le bokashi ne produit pas de compost directement utilisable. Le digestat obtenu est extrêmement acide et ne peut pas être employé comme fertilisant sans traitement préalable. Il doit être mélangé avec de la terre ou enterré pendant 2 à 4 semaines supplémentaires pour neutraliser son pH, ce qui rallonge considérablement le processus global.
Lors de nos soirées de jardinage, l’odeur qui se dégage à l’ouverture du seau constitue un désagrément notable. Malgré les promesses commerciales, le bokashi produit une odeur aigre et fermentée particulièrement déplaisante. Le liquide de fermentation dégage également une odeur forte qui peut imprégner l’espace où il est stocké, un aspect particulièrement problématique lorsque le seau est conservé dans la cuisine ou à proximité des espaces de vie.
| Type de compostage | Gestion du produit final | Problèmes d’odeurs |
|---|---|---|
| Bokashi | Digestat acide nécessitant 2-4 semaines supplémentaires | Odeur aigre et fermentée prononcée |
| Compostage traditionnel | Compost directement utilisable | Odeur terrestre, généralement à l’extérieur |
| Lombricompostage | Lombricompost prêt à l’emploi | Peu ou pas d’odeur si bien géré |
Bokashi vs autres méthodes de compostage : une comparaison objective
Après avoir testé plusieurs systèmes dans notre jardin, nous pouvons affirmer que le bokashi présente des inconvénients significatifs par rapport aux autres méthodes. Selon une étude de l’ADEME publiée en 2022, le compostage traditionnel reste la méthode la plus économique et la plus simple pour les foyers disposant d’un jardin, avec un coût moyen d’installation inférieur de 70% à celui du bokashi.
Contrairement au lombricomposteur que nous utilisons également pour recycler les déchets de différentes variétés de salades et autres végétaux, le digestat du bokashi n’est pas directement utilisable. Le lombricompostage produit un compost de qualité supérieure sans nécessiter d’étape supplémentaire, bien qu’il accepte moins de types de déchets.
Le bokashi impose également des restrictions sur les déchets acceptés, contrairement à ce que suggèrent certaines publicités. Ne peuvent pas être compostés : les fluides (vinaigre, lait, huile, eau), les médicaments, les produits chimiques, les plantes malades, les cendres, les excréments d’animaux, les gros os, le papier et le carton. Ces limitations réduisent considérablement l’avantage supposé du bokashi concernant la diversité des déchets traités.
Les étapes nécessaires pour utiliser efficacement un bokashi sont les suivantes :
- Découper finement tous les déchets organiques
- Ajouter l’activateur après chaque nouvel apport
- Tasser régulièrement le contenu pour éliminer l’air
- Vidanger le liquide tous les 3-5 jours
- Attendre 2-4 semaines après remplissage complet
- Enterrer ou mélanger le digestat avec de la terre
- Patienter encore 2-4 semaines avant utilisation
Cette complexité opérationnelle contraste fortement avec la simplicité du compostage traditionnel, qui nous permet simplement d’ajouter nos déchets et d’attendre que la nature fasse son œuvre, avec un minimum d’interventions. Pour une famille active comme la nôtre, avec deux enfants et de nombreuses activités, ces contraintes supplémentaires représentent un réel obstacle à l’adoption durable du bokashi comme solution principale de compostage.



